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Le pornographe
 
Un film de
Bertrand Bonello
FRANCE / CANADA
2001
108'
 
 

Jacques Laurent, réalisateur de films pornographiques en vogue dans les années 70, reprend son travail à la suite de problèmes financiers. Son idée est d'allier un acte d'amour à un acte pornographique. Ses tentatives échouent, mais Jacques va continuer à tourner parce qu'il ne sait rien faire d'autre.
Ayant de plus en plus de difficultés à assumer son métier face à sa femme et son entourage, il va lentement s'isoler du monde.
Joseph, son fils âgé de 17 ans, vit partagé entre une histoire d'amour naissante et un groupe de son âge avec lequel il réfléchit à l'organisation d'une nouvelle révolution possible.
Il décide de renouer avec son père qu'il n'a pas vu depuis trois ans, depuis ce moment où il l'a découvert pornographe alors qu'il le pensait cinéaste.
Nous suivons le trajet d'un père et d'un fils à un moment important de leur existence. Jacques cherche comment terminer sa vie et Joseph comment donner un sens à la sienne.

 
Jacques Laurent, a famous pornographer back in the 70's, resumes shooting porn movies due to his financial situation. He starts again with the idea of marrying a love act with a pornographic one. His attempts fail but Jacques will continue to shoot as he does not have any other skills.
Having greater and greater difficulties to take upon himself his "trade" towards his wife and his environment, he will slowly isolate himself from the rest of the world.
Joseph, his 17-year old son, shares his life between a nascent love story and a group of friends of his age with whom he thinks over the organisation of a new and achievable revolution.
He decides to resume his relationship with his father, whom he has not seen over the last three years, since he had discovered that he was a pornographer and not a movie-maker as he initially believed.
We follow the journey of a father and a son at an important time in their respective lives. Jacques is wondering how to finish his life whilst Joseph is looking to give a direction to his.

 

Le réalisateur Bertrand Bonello
Bertrand Bonello Né en 1968, il partage sa vie entre Paris et Montréal. Ayant une formation de musicien classique, il débute sa carrière de réalisateur en 1997 avec un court métrage "The Adventure of James and David" (11' - Montréal) dont il écrit le scénario et compose la musique, tout comme pour ses deux longs métrages. Le premier, "Quelque chose d'organique" participe au Festival de Berlin en 1999, en sélection officielle, et également à de nombreux autres dans divers pays.
"Le Pornographe" est son second long métrage.

 

Générique
Production
Haut et Court
Carole Scotta
Tél : 33 (0)1 55 31 27 27
Fax : 33 (0)1 55 31 27 28
Info@hautetcourt.com
38 rue des Martyrs
75009 Paris
France
2001
Réalisation (Direction)
Bertrand Bonello
Scénario (Screenplay)
Bertrand Bonello
Photo (Cinematography)
Josée Deshaies
Son (Sound)
François Maurel
Musique (Music)
Laurie Markovitch
Costumes (Costume)
Romane Bohringer
Décor (Art Designer)
Romain Denis
Montage (Editing)
Fabrice Rouaud
35mm ­ couleur ­ 108'
Interprétation (Cast)
Jean-Pierre Léaud (Jacques)
Jérémie Regnier (Joseph)
Dominique Blanc (Jeanne)
Catherine Mouchet (Olivia)
Thibault De Montalembert (Richard)
André Marcon (Louis)
Ventes à l'étranger (Foreign sales)
Mercure Distribution
Jacques Le Glou
Tél : 33 (0)1 44 16 89 20
33 (0)1 44 16 88 44
Fax : 33 (0)1 45 65 07 47
Infos@mercure-distribution.fr
27 rue de la Butte aux Cailles
75013 Paris
France
A Cannes (In Cannes)
Mercure Distribution
Tél : 04 92 99 33 46
Fax 04 92 99 33 47
  Presse (Press)
Agnès Chabot
Tél : 33 (0)1 45 48 57 06
Fax : 33 (0)1 53 63 87 09
21, rue Cassette
75006 Paris
France
A Cannes (In Cannes)
Agnès Chabot
Tél : 04 93 99 82 16
Fax : 04 93 99 44 73
   

Point de vue

Relation père-fils

A partir de la question, "peut-on filmer de belles scènes pornos ?" et d'une tentative de réponse donnée par un professionnel, Bertrand Bonello poursuit son investigation à travers "qu'est-ce qu'un pornographe dans la vie ?".
Il introduit l'idée du mensonge du pornographe, "utile" en quelque sorte vis à vis de son entourage et principalement de son fils. Le thème central du film évoque alors le rapport père-fils. Pendant des années, le père n'a pu assumer son métier de réalisateur de porno par crainte du regard de son fils qui le croyait cinéaste. A l'heure où vieillissant, il cherche comment poursuivre son oeuvre, il décide enfin de se "lâcher". Il exprime tout ce qui lui tient à coeur et découvre ce fils qui se trouve lui-même au moment où il doit donner un sens à sa propre existence.
On sent combien en écrivant son scénario, Bertrand Bonello n'a pas oublié quelques belles références, à Ingmar Bergman : lorsque, en signe de protestation, des étudiants décident de se taire, de ne plus du tout parler, à l'image de l'héroïne de "Persona". Ou encore à Jean Eustache qui dans "La maman et la putain" mettait en scène un personnage qui déversait un flot constant de paroles, exactement à l'inverse de celui-ci, qui ne parle qu'après un très long temps de silence.
Pour jouer ce pornographe passablement névrosé, Bertrand Bonello a eu l'idée judicieuse de faire appel à Jean-Pierre Léaud. La personnalité même du comédien allie tout à la fois le sérieux, la gravité et l'intensité à un léger décalage provocateur d'humour à bon escient. On imagine mal quel autre acteur dans ce rôle se serait à ce point approprié le personnage. D'où quelques scènes d'anthologie où il est absolument épatant ; comme celle de l'interview donnée à une journaliste, en l'occurence une Catherine Mouchet, qui ne s'en laisse pas conter. Tous les acteurs sont parfaitement à leur place. Du jeune Jérémy Rénier - révélation de "La promesse" des frères Dardenne -, qui fait preuve d'un beau tempérament, à Thibault de Montalembert en producteur de films pornos plus vrai que nature. De Dominique Blanc dans le rôle de la compagne du héros aux deux acteurs du porno, des professionnels du genre qui rajoutent une pointe d'humour aux scènes hard.
Côté musique, la bande originale emprunte au style baroque et souligne encore mieux la facture très classique du film.
Pour son deuxième long métrage - après "Quelque chose d'organique" - Bertrand Bonello signe là une œuvre personnelle, empreinte de poésie, d'humour et d'une certaine tendresse.

Marie-Christine Luton

 
 
 
 
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